Oreshko Viktoria

Année
2022
Diplôme
DNSEP
Option
Art
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Hélène Squarcioni
Crédit image
Hélène Squarcioni
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Dans mes travaux, je travaille principalement sur mon identité culturelle et ce depuis des années, en travaillant notamment sur le concept du corps comme territoire politique. J'ai également travaillé avec des photographies provenant d'archives familiales où j'ai abordé certaines questions picturales ainsi que des notions de souvenir. Dans ma pratique de l’écriture, je parle souvent des restes du paradigme post-soviétique dans les institutions sociales ukrainiennes, de la vie de tous les jours.
Les événements survenus récemment dans mon pays ont complètement changé la vision que j'avais de ma propre pratique artistique. Je sentais que c’était absolument inutile de peindre. Cinquante jours après le début de l’invasion, j'ai fais une toile reprenant la photo d'un garçon dont le corps a été trouvé dans le sous-sol d'un immeuble, à Mariupol. Depuis le début de l’attaque sur Kyiv, je collecte chaque jour un grand nombre d'images et de documents sur différentes sources mais aussi par mes proches et mes amis. Là, il n'y a pas de censure, on peut donc regarder des documents provenant du champ de bataille, des zones sous tension ou des lieux d’habitations endommagés. J'ai donc fait le choix conscient de regarder ces images qui ne seraient peut-être pas montrées à la télévision ou dans les journaux. Des images dont les gens, lorsqu'ils les verront, détourneront peut- être le regard. Aussi des images du quotidien, dans lesquelles la guerre est intervenue d’une façon extrêmement incompréhensible pour des cultures prônant la paix, comme celles des pays européens. Le but est donc de transposer toutes ces images sur mes toiles et rendre possible le regard d’un public « non préparé », de raconter l’histoire des victimes ou des objets de cette guerre. Il s’agit de montrer comment la guerre devient une norme et comment on s’habitue à la vivre dans notre quotidien sans se rendre compte que c’est anormal. Et c’est exactement cet effacement du « normal », qui devient la chose la plus terrifiante. Mon but est de placer mes toiles physiquement dans des endroits où cela reste « une terrible guerre » et pas juste une vie de tous les jours pour parler d’une douloureuse double réalité que beaucoup d’ukrainiens vivent depuis l’étranger.
https://www.instagram.com/viktoria\_oreshko/

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